Je suis une guerrière à dos de licorne

Je m’appelle Océane, j’ai 27 ans, je suis mariée. J’ai été obèse puis mince, je suis passée d’un bouddha à un pruneau. J’aime les dessins animés et les documentaires sur la vie des pères de la psychologie ou de la philosophie. J’aime bricoler ou faire de la mécanique tout comme sortir entre filles faire du shopping.
Je crains l’orage autant qu’il me fascine. Je suis une catastrophe en orthographe mais j’aime écrire des romans. Je suis aussi folle que sage. Je suis une guerrière à dos de licorne.
Petite, je vivais dans une famille dysfonctionnelle, qui menait une guerre perpétuelle. Les rares moments de paix m’ont permis de savoir ce que je voulais. J’ai grandi trop vite apparemment. Pour un homme aussi j’étais une adulte avant mes 10 ans.
Mon esprit a préféré oublier mais je suis devenu quelqu’un de combatif. Jamais plus personne ne me mettra à terre. Si je ne conviens pas tant pis. J’ai une vie à vivre. J’ai eu le droit au harcèlement scolaire, à la pauvreté… Mais j’ai pu apprendre la valeur de beaucoup de choses en commençant par moi-même.
J’ai commencé avec un CAP Chauffeur livreur de marchandises. J’ai passé mes CACES (certificat d’aptitude à la conduite d’engins en sécurité), chauffeur livreur en messagerie, dans le TP, en frigo. J’ai fait la Nièvre et la France. Électricienne, coiffeuse, vendeuse, etc. : j’ai essayé tellement de choses qui m’ont fait grandir. J’ai été directrice adjointe d’une société d’événementiel. J’ai été fossoyeur dans les cimetières de Nevers.
J’ai toujours trouvé le moyen de rebondir grâce aux nouvelles compétences acquises des emplois précédents. Je suis rarement restée plus d’un mois au chômage. J’essaie, et si ça ne fonctionne pas, je recommence autrement. Si finalement ça ne fonctionne vraiment pas, ce n’est pas grave parce que j’ai pu apprendre sur moi-même et sur mes valeurs.
Je ne changerais jamais pour un emploi. Je ne fais pas non plus ce que je veux, je trouve le juste équilibre entre le travail et qui je suis : une personne excentrique qui a tendance à tout faire tourner autour de l’humour. J’aime rire. Beaucoup. Mon dernier emploi, je l’ai eu grâce à l’humour, justement. Je travaillais en intérim dans une boîte de transport, je livrais mon employeur actuel. C’était un lundi et, égale à moi-même, je fais une vanne à l’hôtesse. Le patron était présent « Vous êtes bien survoltée ». Je n’ai pas trouvé mieux à lui lui répondre que « bien assez de gens font la gueule le lundi, si je dois faire comme tout le monde, je serais plus aussi exceptionnelle ! » Il a fini par me demander mes coordonnées et j’ai été rappelée le soir même.
Je ne me surestime pas mais je ne vais pas non plus sous-estimer. Je sais ce que je veux. J’ai bien sûr dû faire face aux moqueries sexistes, aux regards pervers et au langage dégueulasse de certains ou aux attouchements d’autres. Je ne me laissais jamais faire et je faisais le nécessaire. J’ai dû m’habituer à être prise pour une idiote car ce n’est pas très « adulte » d’agir comme je le faisais.
J’ai aussi assisté à des événements dramatiques comme cet homme qui s’est donné la mort dans son garage et que j’ai retrouvé trop tard, ou ce collègue, qui m’a beaucoup aidée et qui est parti trop vite à cause d’un cancer.
Mon mari, je crois que j’ai eu de la chance (A moins qu’il soit fou). Je l’ai rencontré aux portes ouvertes de mon lycée. Nous avons vécu tellement de moment qui aurait pu nous séparer mais même si nous étions l’un contre l’autre on était aussi là l’un pour l’autre. Nous avons perdu notre seul enfant. Nous avons pu nous marier avec un mariage « discount ». Nous venons de commencer des démarches pour adopter. Nous sommes deux opposés qui se complètent. Je ne crois pas être capable d’expliquer réellement pourquoi je l’aime mais je crois que l’amour lui-même n’est pas définissable.
Je n’attends rien des autres comme ça, je vis dans la surprise et je ne suis pas déçu. J’aide toute personne dans le besoin même si je ne connais pas. Si on veut que le monde change, commençons déjà par montrer l’exemple. N’ayons pas peur de voir le monde différemment. Quand la mort viendra me chercher, je veux pouvoir me tenir fièrement devant elle et je veux lui dire merci de m’avoir laissé le temps de vivre. Quand je m’assois à côté d’elle, je pourrais tout lui raconter.

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